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Rubeus Hagrid — C’est un malade mental ! s’exclama-il d’un ton furieux. Cette chose a dit à toute sa famille qu’ils pouvaient nous dévorer, Harry et moi ! Il les a invités à se servir ! Et maintenant, Hagrid voudrait qu’on aille pleurer sur son abominable cadavre velu !
— JE REFUSE DE PAYER UN SOU POUR QU'UN VIEUX CINGLÉ LUI APPRENNE DES TOURS DE MAGIE ! s'écria l'oncle Vernon.
Mais cette fois, il était allé trop loin. Hagrid empoigna son parapluie et le fit tournoyer au-dessus de sa tête.
—JAMAIS PLUS ... INSULTER ... ALBUS ... DUMBLEDORE ... DEVANT ... MOI ...tonna-t-il.
Il abattit le parapluie dans un sifflement et le pointa sur Dudley. Il y eut un éclair violet, une détonation comme un pétard qui explose et un petit cri aigu. Un instant plus tard, Dudley dansait sur place en hurlant de douleur, les mains plaquées sur son volumineux postérieur. Lorsqu'il leur tourna le dos, Harry vit qu'une petite queue de cochon en tire-bouchon lui avait poussé à travers son pantalon.
— Ah, au fait, Harry, dit Hagrid, saisi d’une pensée soudaine. J’ai un petit reproche à te faire. On m’a dit que tu distribuais des photos dédicacées. Comment ça se fait que je n’en ai
pas eu ?
— Il m'a mordu ! s'écria-t-il en leur montrant sa main enveloppée d'un mouchoir ensanglanté. Je vais être incapable de tenir une plume pendant au moins une semaine. Ce dragon est la créature la plus effroyable que j'aie jamais rencontrée, mais Hagrid en parle comme si c'était un gentil petit lapin. Quand il m'a mordu, il a dit que c'était ma faute, que je lui avais fait peur. Et quand je suis parti, il lui chantait une berceuse.
Il attendit. À tout moment, maintenant,
ceux pour qui il avait essayé de mourir allaient le voir, reposant, apparemment mort, dans les bras de Hagrid.
— NON !
Ce cri était d’autant plus terrible qu’il n’aurait jamais imaginé, même en rêve, que le professeur McGonagall puisse émettre un tel son. [...]
— Non !
— Non !
— Harry ! HARRY !
Les voix de Ron, d’Hermione et de Ginny étaient pires que celle de McGonagall. Harry aurait voulu plus que tout leur répondre, mais il se força à rester silencieux et leurs cris agirent comme un détonateur.
— Tu essayes de te faire un peu d'argent de poche, Weasley ? Tu vises la place de garde-chasse quand tu sortiras de Poudlard ? C'est vrai que pour quelqu'un de ta famille, la cabane de Hagrid doit avoir l'air d'un palace.
— Attends un peu, intervint Hagrid en regardant autour de lui. Harry, où est Hedwige ?
— Elle… elle a été touchée, répondit Harry.
Tout à coup, il se sentit submergé en prenant conscience de la réalité : il eut honte de lui et des larmes lui montèrent aux yeux. La chouette avait été sa compagne, son seul lien direct avec le monde magique chaque fois qu’il avait été forcé de retourner chez les Dursley.
Hagrid tendit son énorme main et lui tapota l’épaule d’ans un geste douloureux.
— Ce n’est pas grave, dit-il d’un ton bourru, ce n’est pas grave. Elle a eu une belle vie…
Au détour d’un virage, il heurta violemment ce qui ressemblait à un ours gigantesque dressé sur ses pattes de derrière.
— Hagrid !