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Harry Potter HARRY
Longtemps, j’ai pensé que je n’étais pas un assez bon père pour toi puisque tu ne m’aimais pas. Je me rends compte seulement maintenant qu’il n’est pas nécessaire que tu m’aimes. Ce qui est nécessaire, c’est que tu m’obéisses parce que je suis ton père et que j’en sais plus que toi. Désolé, Albus, mais c’est comme ça que ça doit être.

DUMBLEDORE
N’aies pas pitié des morts Harry, aies pitié des vivants et en particulier de tous ceux qui vivent sans amour.
— Tu as été merveilleux, Dobby. [Harry]
— Kreattur aussi a bien travaillé, ajouta Hermione avec gentillesse.
Mais loin de paraître reconnaissant, Kreattur détourna ses énormes yeux injectés de sang et regarda le plafond en lançant de sa voix croassante :
— La Sang-de-Bourbe parle à Kreattur, Kreattur va faire semblant de ne pas l’entendre…
— File d’ici, lui ordonna sèchement Harry.
HARRY
Je dois protéger Albus.
DRAGO
Mon père aussi pensait qu’il me protégeait. La plupart du temps. Mais il arrive un moment où il faut choisir ce que l’on veut être. Et je peux te dire que quand ce moment-là est arrivé, on a besoin d’un parent ou d’un ami. Alors, si on en est venu à haïr ses parents et qu’on n’a pas d’amis… on se retrouve tout seul. C’est tellement dur d’être tout seul. Moi, j’étais seul. Et c’est ça qui m’a projeté dans un monde vraiment sombre. Pendant longtemps. Tom Jedusor était également un enfant solitaire. Tu ne peux pas comprendre ça, Harry, mais moi, je le peux…
Et je pense que Ginny aussi peut le comprendre.
GINNY
Il a raison.
ALBUS
Non. Pas tous les jours. James dit que la plupart des élèves ne reçoivent des lettres de chez eux qu’une fois par mois. Je ne voudrais pas que…
HARRY
Nous avons écrit à ton frère trois fois par semaine, l’année dernière.
ALBUS
Quoi ? James !
ALBUS lance à JAMES un regard
accusateur.
GINNY
Eh oui. Il ne faut pas croire tout ce qu’il te raconte sur Poudlard. Il aime bien se moquer de toi, ton frère.
— Pourquoi ne pas demander tout cela directement à Ron ? lui suggéra-t-il après avoir subi de sa part un interrogatoire particulièrement long au cours duquel elle avait tout passé en revue, depuis l’opinion de Ron sur ses nouvelles robes de soirée jusqu’à la question de savoir s’il considérait leur relation comme « sérieuse ».
— Je voudrais bien, mais il dort toujours quand je vais le voir ! répondit Lavande, exaspérée.
— Vraiment ? s’étonna Harry, car il avait trouvé Ron parfaitement éveillé chaque fois qu’il le rejoignait à l’infirmerie, s’intéressant beaucoup au récit de la dispute entre Dumbledore et Rogue et toujours prêt à dire pis que pendre de McLaggen.
— Est-ce qu’il a toujours des visites d’Hermione Granger ? interrogea soudain Lavande.
— Oui, je crois. Ils sont amis, non ? dit Harry, mal à l’aise.
— Amis, ne me fais pas rire, répliqua Lavande avec mépris. Elle a cessé de lui parler pendant des semaines quand il a commencé à sortir avec moi ! Mais j’imagine qu’elle veut se réconcilier avec lui maintenant qu’il est devenu si intéressant…
— Tu trouves que c’est intéressant d’être empoisonné ? lui demanda Harry.
DUMBLEDORE
Harry, il n’existe pas de réponse parfaite dans ce monde d’émotions et de désordre. La perfection est hors de portée de l’espèce humaine, hors de portée de la magie. Dans chaque instant rayonnant de bonheur, il y a cette goutte de poison : la conscience que la douleur reviendra. Pour un humain, souffrir, c’est comme respirer.
— Tu t'imagines, se retrouver à Poufsouffle ? Je préférerais m'en aller tout de suite.
Harry aperçut Malefoy, Crabbe et Goyle qui arboraient un air triomphant en le regardant
partir sur les talons du professeur McGonagall. Harry savait qu'il allait être renvoyé. Il aurait voulu dire quelque chose pour se défendre, mais il avait l'impression que sa voix refusait de lui obéir. Le professeur McGonagall avançait à grands pas sans même le regarder et il lui fallait courir pour la suivre. Il n'avait pas tenu deux semaines. Dans dix minutes, il devrait faire sa valise. Que diraient les Dursley quand ils le verraient sur le pas de la porte ?
Il monta les marches de pierre, puis l'escalier de marbre. Le professeur McGonagall ne disait toujours rien. Elle ouvrait les portes à la volée et arpentait les couloirs, Harry sur ses talons. Peut-être l'emmenait-elle dans le bureau de Dumbledore. Il pensa à Hagrid qui s'était fait renvoyer mais qui avait pu rester à Poudlard comme garde-chasse. Peut-être pourrait-il devenir son assistant ? Il sentit son estomac se nouer à l'idée de voir Ron et les autres devenir sorciers tandis qu'il serait condamné à suivre Hagrid en portant son sac.
Soudain, venant de partout, on sent un souffle de vent. Des robes noires s’élèvent autour du public. Des robes noires qui deviennent des silhouettes. Et les silhouettes deviennent des Détraqueurs.
Des Détraqueurs volant dans toute la salle. Ces formes noires, mortelles, ces forces noires, ces forces de mort. Elles sont terrifiantes. Et elles aspirent l’âme du lieu.
Le vent continue de souffler. C’est l’enfer. Puis, du fond de la salle, un murmure s’insinue, se répand autour de
chacun. Des paroles sont prononcées d’une voix reconnaissable entre toutes.
La voix de VOLDEMORT…
Haaarry Pottttter…
Le rêve de Harry est devenu réalité.
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