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Molly Weasley Mrs Weasley traversa la cour à grands pas, provoquant la panique parmi les poulets. La
petite femme replète au visage bienveillant semblait s’être brusquement transformée en une
tigresse redoutable.
— Aïe ! dit Fred.
— Hou, là, là, dit George.
— Je ne peux pas rester très longtemps, Maman, dit-il. Je dois aller à l'avant du train, les préfets ont un compartiment réservé.
— Tu es préfet, Percy ? dit l'un des jumeaux avec surprise. Tu aurais dû nous prévenir, on n'en savait rien.
— Attends, je crois bien qu'il nous en a soufflé un mot, une fois, dit l'autre jumeau.
— Peut-être même deux fois.
— Maintenant que tu me le rappelles, je crois même qu'il nous en a parlé pendant une minute entière.
— Et même pendant tout l'été, à bien y réfléchir...
— Ça suffit, dit Percy le préfet.
— Vous deux, vous allez être sages, cette année ! lança-t-elle. Si jamais je reçois un hibou qui me dit que vous avez fait exploser les toilettes...
— Faire exploser les toilettes ? On n'a jamais fait ça.
— Mais c'est une bonne idée. Merci, M'man !
— Papa adore tout ce que fabriquent les Moldus. Il a un garage plein de ces machins-là. Il les démonte, leur fait subir un tas de sortilèges et les remonte. S’il devait faire une perquisition dans sa propre maison, il serait obligé de se mettre lui-même en prison. Ça rend
ma mère folle de rage.
— Maugrey Fol OEil ? dit George d'un air songeur en étalant de la marmelade sur un toast. Ce n'est pas ce cinglé...
— Ton père a beaucoup d'estime pour lui, dit Mrs Weasley d'un ton grave.
— Oui, d'accord, mais papa collectionne bien les prises de courant, non ? dit Fred à voix basse, tandis que Mrs Weasley sortait de la cuisine. Qui se ressemble...
Lorsqu’ils s’assirent à table pour le déjeuner, ils portaient tous de nouveaux pulls, à l’exception de Fleur (pour qui, semblait-il, Mrs Weasley n’avait pas voulu gaspiller sa laine)
Il y eut un bruit métallique lorsque le chaudron de Ginny se renversa. Mr Weasley venait de se jeter sur Mr Malefoy en le projetant contre une étagère remplie de livres. Des dizaines d’épais grimoires leur tombèrent sur la tête dans un grondement de tonnerre.
— Vas-y, Papa ! s’écrièrent Fred et George. Mrs Weasley se mit à hurler.
— Non, Arthur, non ! s’écria-t-elle.
La foule recula en désordre, renversant d’autres étagères au passage.
— Messieurs, s’il vous plaît… s’il vous plaît ! s’exclama un vendeur.
— Allons, allons, Messieurs, ça suffit ! dit alors une voix plus puissante que les autres.
Hagrid s’avança vers eux, dans l’océan des livres étalés par terre. Un instant plus tard, il
avait séparé Mr Weasley et Mr Malefoy. Mr Weasley avait la lèvre fendue et Mr Malefoy avait reçu dans l’oeil une Encyclopédie des champignons vénéneux.
— Mais, chéri, si jamais il se perd, qu’est-ce que nous dirons à son oncle et à sa tante ? [Molly]
— Ils s’en ficheraient complètement, la rassura Harry. Dudley trouverait la plaisanterie excellente si jamais je me perdais dans le conduit d’une cheminée. Ne vous inquiétez pas pour ça.
— Tes fils sont allés chercher Harry chez lui dans cette voiture volante ! s’exclama Mrs
Weasley. Alors, qu’est-ce que tu dis de ça ?
— Vraiment, vous l’avez fait voler ? dit Mr Weasley, très intéressé. Et elle a bien marché ? Je… je veux dire… balbutia-t-il en voyant les yeux de sa femme lancer des éclairs, c’est… c’est très mal, les enfants… Vraiment très mal…
Lorsque le gobelin eut ouvert le coffre des Weasley, il fut encore plus effaré qu’à son arrivée dans l’Allée des Embrumes. Il ne contenait en effet qu’une toute petite pile de Mornilles d’argent et un seul Gallion d’or. Mrs Weasley regarda dans les coins pour voir s’il ne restait rien d’autre, puis elle ramassa la pile de pièces qu’elle enfouit dans son sac. Harry se sentit encore plus mal à l’aise lorsqu’ils se retrouvèrent devant son propre coffre. Il essaya d’en dissimuler le contenu pendant qu’il se hâtait de remplir une bourse de cuir avec des poignées de pièces.