Votre recherche :Personnage :
Harry Potter — Je veux que vous écriviez : « Je ne dois pas dire de mensonges », poursuivit-elle à mi-voix.
— Combien de fois ? demanda Harry d’un ton qui imitait d’une manière assez convaincante celui de la politesse.
— Oh, autant de fois qu’il le faudra pour que le message rentre, répondit Ombrage de sa voix doucereuse. Allez-y.
Ce qui horrifiait tant Harry, ce qui le rendait si malheureux, ce n’étaient pas les hurlements de Rogue ou les jets de bocaux. C’était le fait qu’il savait, ce que l’on ressent lorsqu’on est humilié au milieu d’un cercle de spectateurs. Il savait exactement ce qu’avait éprouvé Rogue au moment où James Potter l’avait ridiculisé et à en juger par ce qu’il venait de voir, son père était bel et bien le personnage arrogant que Rogue lui avait toujours décrit.
Hermione fit jaillir de l’extrémité de sa baguette des serpentins dorés et violets qui vinrent s’enrouler comme une véritable oeuvre d’art autour des arbres et des buissons.
— Très beau, dit Ron tandis que, d’un dernier mouvement de sa baguette, Hermione colorait d’or les feuilles du pommier sauvage. Tu as vraiment l’oeil pour ces choses-là.
— Merci, Ron ! répondit Hermione, à la fois ravie et un peu perplexe.
Harry se détourna, se souriant à lui-même. Il avait l’étrange impression que, lorsqu’il aurait le temps de le lire, il trouverait un chapitre sur les compliments dans Douze moyens infaillibles de séduire les sorcières.
Quelque part dans l’obscurité, un phénix lançait un chant que Harry n’avait encore jamais entendu : une lamentation déchirante d’une terrible beauté. Comme il lui était déjà arrivé de le ressentir lorsque chantait le phénix, il eut l’impression que la musique ne venait pas de l’extérieur mais qu’elle était en lui : c’était son propre chagrin, transformé par magie en une mélodie, qui s’élevait dans le parc et leur parvenait par les fenêtres du château.
Combien de temps restèrent-ils à l’écouter, il ne le savait pas, il ne savait pas non plus pourquoi entendre ainsi chanter leur chagrin paraissait soulager un peu leur douleur.
— Maroufles et pendards, marauds et coupe-jarrets, boutez-les hors d’ici, Harry Potter, faites-leur mordre la poussière !
Un bang ! sonore ramena Harry à la réalité : désorienté, il brandit sa baguette, mais la sorcière [Alecto Carrow] tombait déjà en avant et s’écrasa si violemment sur le sol que les vitres des bibliothèques tintèrent.
— Je n’avais encore jamais stupéfixé personne, sauf dans les cours de l’A.D., dit Luna d’un ton vaguement intéressé. Ça fait beaucoup plus de bruit que je ne le pensais.
Face à Harry, Tonks amusait Hermione et Ginny en changeant la forme de son nez entre deux bouchées. [...] Apparemment, c’était un spectacle qu’elle offrait régulièrement au cours des repas car Hermione et Ginny lui demandèrent bientôt leurs nez préférés.
— Fais celui en forme de groin, Tonks.
Tonks s’exécuta et Harry eut soudain la fugitive impression de voir devant lui une version féminine de Dudley lui adresser un grand sourire.
Il pensait connaître bien Dumbledore mais, après avoir lu l’article, il était forcé d’admettre qu’il le connaissait à peine.
Jamais il n’avait songé à ce qu’avait pu être son enfance ou sa jeunesse. C’était comme s’il était soudain né à la vie tel qu’il l’avait toujours vu, âgé, vénérable, les cheveux argentés. L’idée d’un Dumbledore adolescent lui paraissait une bizarrerie, comme imaginer une Hermione stupide ou un Scroutt à pétard affectueux.
— Je ne comprends pas très bien ce que vous voulez, répondit Harry avec lenteur. « Soutenir le ministère »… qu’est-ce que ça signifie ?
— Oh, rien de très contraignant, je peux vous l’assurer. Si par exemple, on vous voyait entrer au ministère ou en sortir de temps en temps, ce serait suffisant pour faire bonne impression. Et bien sûr, quand vous seriez là-bas, vous auriez toutes possibilités de vous entretenir avec Gawain Robards, mon successeur comme directeur du Bureau des Aurors. Dolores Ombrage m’a dit que vous nourrissiez l’ambition de devenir Auror. Voilà quelque chose qu’on pourrait très facilement arranger…
Harry sentit la colère bouillonner au creux de son estomac. Ainsi donc, Dolores Ombrage était toujours au ministère ?
— Pourquoi ? demanda aussitôt Harry en levant les yeux vers Dumbledore. Pourquoi était-il revenu ? L’avez-vous jamais découvert ?
— J’ai quelques idées, répondit Dumbledore, rien d’autre.
— Quelles idées, monsieur ?
— Je t’en ferai part lorsque tu seras parvenu à recueillir le souvenir du professeur Slughorn. Quand nous disposerons de cette dernière pièce du puzzle, j’espère que tout deviendra clair… pour nous deux.
Harry brûlait toujours de curiosité et bien que Dumbledore lui eût ouvert la porte, il ne sortit pas tout de suite.
— Voulait-il toujours enseigner la défense contre les forces du Mal ? Il ne l’a pas dit…
— Oh, c’était ce qu’il désirait, sans aucun doute, assura Dumbledore. La suite de notre petite rencontre l’a prouvé. Nous n’avons jamais pu conserver un professeur de défense contre les forces du Mal plus d’un an depuis que j’ai refusé ce poste à Lord Voldemort.
Page 22 sur 84
836 résultats