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Harry Potter et le Prince de Sang-Mêlé — Tu sais à quel point j’aime les enfants, Dumbledore.
— Dois-je en conclure que tu n’attends même plus la pleine lune pour attaquer, désormais ? C’est très inhabituel… Tu as donc un tel goût pour la chair humaine qu’il ne lui suffit plus d’être satisfait une fois par mois ?
— Exactement, répondit Greyback. Ça te choque, n’est-ce pas, Dumbledore ? Ça te fait peur ?
— Je ne peux pas prétendre en tout cas que ça ne me dégoûte pas, répliqua Dumbledore. Et en effet, je suis un peu choqué que Drago t’ait amené dans cette école où habitent tous ses amis…
— Ce n’est pas moi qui l’ai fait venir, dit Malefoy dans un souffle.
Il ne regardait pas Greyback, ne voulait même pas lui jeter un coup d’oeil.
— Je ne savais pas qu’il serait ici…
— Je ne manquerais pour rien au monde une visite à Poudlard, Dumbledore, lança Greyback de sa voix rauque. Il y a ici tant de gorges à lacérer… Délicieux, délicieux…
— Si tu te demandes quelle est cette odeur, maman, je te signale qu’une Sang-de-Bourbe vient d’entrer ici, dit Drago Malefoy.
— Vous n’avez pas fait ce que je demandais. Jamais vous n’avez traité Harry comme un fils. Avec vous, il n’a connu que l’indifférence et même souvent la cruauté. Le mieux qu’on puisse dire, c’est qu’au moins il n’aura pas subi les terribles dommages infligés au malheureux garçon assis entre vous.
La tante Pétunia et l’oncle Vernon tournèrent instinctivement la tête comme s’ils s’attendaient à voir quelqu’un d’autre que Dudley coincé entre eux.
— Nous… maltraiter Duddy ? Qu’est-ce que vous…, commença l’oncle Vernon, furieux, mais Dumbledore leva un doigt pour lui imposer le silence, et l’oncle Vernon sembla soudain devenu muet.
— Je sais qu’il te croit, mais…
— Tu penses qu’il se trompe ? Que j’aurais réussi à le berner ? À duper le Seigneur des Ténèbres, le plus grand sorcier, le legilimens le plus accompli que le monde ait jamais connu ?
— Ça te fera trois Gallions, neuf Mornilles et une Noise, annonça Fred en examinant les nombreuses boîtes que Ron portait dans les bras. Allonge la monnaie.
— Je suis ton frère !
— Et ce sont nos produits que tu essayes de piquer. Trois Gallions, neuf Mornilles, je te fais grâce de la Noise.
— Je n’ai pas trois Gallions, neuf Mornilles !
— Alors, tu remets tout ça où tu l’as pris et ne te trompe pas d’étagères.
Ron laissa tomber plusieurs boîtes, poussa un juron et adressa à Fred un geste grossier de la main, malheureusement surpris par Mrs Weasley qui avait choisi ce moment pour se montrer.
— Si je te vois encore faire ça, je te jette un sort qui te collera les doigts, lança-t-elle sèchement.
Harry et Ron quittèrent l’infirmerie le lundi matin à la première heure après avoir pleinement recouvré la santé grâce aux bons soins de Madame Pomfresh. Ils pouvaient à présent bénéficier de tous les avantages d’avoir été respectivement assommé et empoisonné, le plus notable de tous étant qu’Hermione s’était réconciliée avec Ron. Elle les accompagna même à la table du petit déjeuner en leur annonçant la nouvelle que Ginny s’était disputée avec Dean. La créature qui sommeillait dans la poitrine de Harry releva soudain la tête, reniflant autour d’elle avec espoir.
— Pourquoi se sont-ils disputés ? demanda-t-il d’un ton qu’il essaya de rendre désinvolte
[...]
— Il ne fallait quand même pas que Ginny et Dean se séparent pour autant, dit Harry qui s’efforçait toujours d’avoir un ton dégagé. Ils sont restés ensemble ou pas ?
— Oui… Mais pourquoi tu t’y intéresses tant ? demanda Hermione en observant Harry d’un regard aigu.
— Je ne veux pas avoir d’autres ennuis dans mon équipe de Quidditch ! répondit-il précipitamment.
Au détour d’un virage, il heurta violemment ce qui ressemblait à un ours gigantesque dressé sur ses pattes de derrière.
— Hagrid !
— D’après ce qu’on dit, vous étiez avec lui quand il a quitté l’école, la nuit où il est mort.
— Qui dit cela ? demanda Harry.
— Quelqu’un a stupéfixé un Mangemort au sommet de la tour, après la mort de Dumbledore. Il y avait également deux balais là-haut. Le ministère n’est pas stupide, Harry.
— Content de l’apprendre, répliqua Harry. Eh bien, sachez que l’endroit où je suis allé avec Dumbledore et ce que j’y ai fait ne regarde que moi. Il ne voulait pas que cela se sache.
Il s’est livré ensuite à d’autres investigations, cette fois dans la famille de sa mère qu’il avait méprisée jusqu’alors – la femme dont il pensait, tu t’en souviens, qu’elle ne pouvait être une sorcière si elle avait succombé à la honteuse faiblesse humaine de la mort.
— J’ai pensé que vous pourriez commencer, poursuivit Rogue avec un sourire malveillant, par les boîtes portant les numéros 1012 à 1056. Vous trouverez là des noms qui vous sont familiers, ce qui devrait ajouter de l’intérêt à votre tâche. Tenez, regardez…
D’un geste majestueux, il sortit une fiche d’une des boîtes posées au sommet de la pile et lut :
— « James Potter et Sirius Black. Surpris à faire usage d’un maléfice illégal sur la personne de Bertram Aubrey. La tête d’Aubrey a doublé de volume. Double retenue. »
Rogue ricana.
— Il doit être singulièrement réconfortant de penser que, bien qu’ils ne soient plus là, une trace de leurs exploits les plus remarquables aura été conservée.
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