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Harry Potter — Belle journée, dit-il en montrant les fenêtres. Il fut tellement gêné qu’il sentit ses entrailles se ratatiner. La météo. Il ne trouvait pas d’autre sujet de conversation que la météo…
Harry à Cho Chang
Personnages concernés : Harry Potter, Cho Chang
— Tu as passé de bonnes vacances, Luna ? demanda Ginny.
— Oui, répondit Luna d’un air rêveur sans quitter Harry des yeux. Oui, je me suis bien amusée. Toi, tu t’appelles Harry Potter, ajouta-t-elle.
— Je sais, répliqua Harry.
Harry dormit mal, cette nuit-là. Tout d'abord, il rêva qu'il avait oublié de se réveiller et que Dubois hurlait: « Où étais-tu passé ? On a été obligés de prendre Neville pour te remplacer ! »
— Le mariage de Bill et de Fleur, tu te souviens ? [Ron]
Harry le regarda, surpris. L’idée que quelque chose d’aussi normal qu’un mariage puisse encore exister lui paraissait incroyable et merveilleux à la fois.
— En tout cas, joyeux anniversaire.
— Waoo… C’est vrai, j’avais oublié ! J’ai dix-sept ans !
Harry prit sa baguette posée à côté du lit de camp, la pointa sur le bureau encombré où il avait laissé ses lunettes et prononça la formule :
— Accio lunettes !
Bien qu’elles ne fussent qu’à une trentaine de centimètres de distance, il éprouva une immense satisfaction à les voir filer vers lui, tout au moins jusqu’à l’instant où il les reçut en plein dans l’oeil.
— Joli, ricana Ron.
Ravi que la Trace soit enfin supprimée, Harry envoya les objets de Ron voler à travers la pièce, réveillant Coquecigrue qui s’agita frénétiquement dans sa cage. Il tenta aussi de nouer les lacets de ses baskets par la magie (il fallut plusieurs minutes pour dénouer à la main le noeud qui en résulta) et, pour le simple plaisir, colora d’un bleu vif les robes orange que portaient les joueurs des Canons de Chudley sur les affiches de Ron.
— Si j’étais toi, je fermerais ma braguette à la main, conseilla Ron, qui eut un petit rire moqueur en voyant Harry baisser les yeux pour vérifier.
— Réfléchissons, dit-il, en imitant Goyle en plein effort de concentration. Heu… première année, tu as sauvé la pierre philosophale des mains de Tu-Sais-Qui.
— Simple coup de chance, dit Harry. Ce n’était pas mon habileté personnelle…
— Deuxième année, l’interrompit Ron, tu as tué le Basilic et anéanti Jedusor.
— Oui, mais si Fumseck n’avait pas été là, je…
— Troisième année, poursuivit Ron en élevant la voix, tu as affronté une centaine de Détraqueurs à la fois…
— Là encore, un coup de chance, si le Retourneur de Temps n’avait…
— L’année dernière, reprit Ron qui criait presque à présent, tu as combattu Tu-Sais-Qui une nouvelle fois…
— Écoutez-moi ! s’exclama Harry, presque avec colère.
Ron et Hermione avaient maintenant un petit rire moqueur.
— Vous m’écoutez, oui ? Ça paraît très bien quand vous en parlez comme ça, mais c’était uniquement de la chance ; la moitié du temps, je ne savais pas ce que je faisais, je n’avais rien prévu, j’ai simplement improvisé comme je le pouvais et j’ai presque toujours eu de l’aide…
— Elle avait l'air de penser que je m'occupais plus de gagner la coupe que de te garder en vie. Simplement parce que je lui ai dit que ça m'était égal que tu tombes du balai pourvu que tu attrapes le Vif d'or avant ta chute.
— Dumbledore nous a confié un travail à tous les trois, expliqua-t-il avec précaution, et nous ne sommes pas censés révéler… Je veux dire qu’il voulait qu’on s’en charge nous-mêmes, rien que nous trois. [Harry]
— Nous sommes son armée, objecta Neville. L’armée de Dumbledore. Nous l’avons formée tous ensemble, nous avons continué à la faire vivre pendant que vous étiez partis de votre côté…
— Ce n’était pas vraiment un pique-nique, vieux, répliqua Ron.
— Je n’ai jamais prétendu le contraire, mais je ne vois pas pourquoi vous n’auriez pas confiance en nous. Tous ceux qui sont dans cette salle se sont battus et ont été obligés de se réfugier ici parce que les
Carrow les pourchassaient. Chacun de nous a montré sa loyauté envers Dumbledore… envers toi, Harry.
Puis un chant de Noël s’éleva à l’intérieur de la petite église.
— Harry, je crois que c’est la veille de Noël ! dit Hermione.
— Ah bon ?
Il avait perdu la notion des dates. Ils n’avaient pas vu un journal depuis des semaines.
— J’étais doué. J’étais brillant. Je voulais m’échapper. Je voulais étinceler. Je voulais la gloire.
Comprends-moi bien, poursuivit-il – une expression de douleur passa sur son visage et il parut à nouveau très âgé. Je les aimais. J’aimais mes parents, j’aimais mon frère et ma soeur, mais j’étais égoïste, Harry, plus égoïste que tu ne peux l’imaginer, toi qui es remarquablement désintéressé.
Si bien que, quand ma mère est morte et que la responsabilité m’est revenue de m’occuper d’une soeur diminuée et d’un frère indiscipliné, je suis rentré dans mon village avec de la colère et de l’amertume. Je me voyais pris au piège, ma vie était gâchée ! Et puis, bien sûr, il est arrivé…
Dumbledore regarda à nouveau Harry dans les yeux.
— Grindelwald. Tu ne peux pas imaginer à quel point ses idées m’ont captivé, Harry, m’ont enflammé. Les Moldus asservis. Nous, les sorciers, triomphants. Grindelwald et moi, les jeunes chefs
glorieux de la révolution.
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