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Horace Slughorn Ils avaient atteint la porte lorsque Slughorn émit un grognement qui se transforma en un langage
articulé :
— Ma parole, haleta-t-il, le visage blafard, couvert de sueur, sa moustache de morse frémissante. Quelle affaire ! Je ne suis pas du tout sûr que tout cela soit très raisonnable, Minerva. Il va certainement trouver un moyen d’entrer, vous le savez bien, et quiconque aura essayé de le retenir se trouvera en très
grand danger…
— Je vous attends, vous et les Serpentard, dans la Grande Salle, également dans vingt minutes, répliqua le professeur McGonagall. Si vous voulez quitter le château avec vos élèves, nous ne vous retiendrons pas. Mais si l’un d’entre vous tente de saboter nos efforts de résistance, ou de prendre les armes contre nous dans l’enceinte de l’école, alors, Horace, nous nous livrerons un duel à mort.
— Minerva ! s’exclama Slughorn, atterré.
— Le moment est venu pour la maison de Serpentard de décider envers qui elle sera loyale, trancha le professeur McGonagall. Allez réveiller vos élèves, Horace.
— C’est le plus puissant philtre d’amour au monde ! expliqua Hermione.
— Tout à fait exact ! Vous l’avez identifiée, je suppose, grâce à sa couleur nacrée caractéristique ?
— Et à sa vapeur qui s’élève en spirales très reconnaissables, ajouta Hermione avec enthousiasme. On dit qu’elle a une odeur différente pour chacun de nous, selon ce qui nous attire le plus. Moi, je sens un parfum d’herbe fraîchement coupée, de parchemin neuf et…
Ses joues rosirent un peu et elle préféra ne pas terminer sa phrase.
— Je ne peux pas, professeur. J’ai… heu… un rendez-vous avec le professeur Dumbledore, ce soir-là.
— Décidément, je joue de malchance ! s’écria Slughorn d’un ton théâtral. Ah, mais, vous ne pourrez pas toujours m’échapper, Harry !
Et avec un geste majestueux de la main, il sortit de la boutique de sa démarche chaloupée, sans accorder plus d’importance à Ron que s’il avait été un présentoir de Nids de cafards.
— Parfait, dit-il. Vraiment parfait. Bon… Je descends chez Hagrid.
— Quoi ? s’écrièrent Ron et Hermione, effarés.
— Non, Harry… tu dois aller voir Slughorn, tu te souviens ? lui rappela Hermione.
— Pas du tout, répliqua Harry d’un ton résolu. Je vais chez Hagrid, je sens que c’est ce que je dois faire.
— Tu sens que tu dois aller enterrer une araignée géante ? demanda Ron, abasourdi.
— Oui, assura Harry en sortant sa cape d’invisibilité de son sac. J’ai l’intuition que c’est là qu’il faut être ce soir, vous voyez ce que je veux dire ?
— Non, répondirent Ron et Hermione d’une même voix. [...]
— Ayez confiance, dit-il, je sais ce que je fais… ou en tout cas… Felix le sait.
Il était abasourdi : c’était comme si un animal de compagnie pour qui il aurait eu une grande affection s’était soudain transformé en bête sauvage. À quoi pensait le Prince en recopiant un tel sortilège dans son livre ? Et que se passerait-il quand Rogue le verrait ? Raconterait-il à Slughorn – Harry sentit son estomac chavirer – par quel moyen il avait obtenu de si bons résultats en potions toute l’année ? Allait-il confisquer ou détruire le livre qui avait appris tant de choses à Harry… le livre qui était devenu comme un guide et un ami ? Harry ne pouvait le laisser faire… c’était impossible…
Pensées de Harry après qu'il ait lancé le Sectumsempra à Malefoy
Personnages concernés : Severus Rogue, Harry Potter, Horace Slughorn
— Le mauvais goût de Slughorn me fait pitié. Peut-être qu’il devient un peu gâteux. Dommage, mon père, qui était un de ses élèves préférés, a toujours dit qu’il était un bon sorcier en son temps. Slughorn ne doit pas savoir que je suis dans le train, sinon…
— À ta place, je ne compterais pas sur une invitation, dit Zabini. Quand je suis arrivé, il m’a demandé des nouvelles du père de Nott. Ils étaient amis, apparemment, mais quand il a appris qu’il avait été arrêté au ministère, il ne semblait pas très content et Nott n’a pas été invité. Je ne crois pas que Slughorn s’intéresse aux Mangemorts.
Malefoy paraissait en colère mais il se força à rire, d’un rire singulièrement dépourvu d’humour.
— Personne ne se soucie de ce qui l’intéresse ou pas. Qui est-il, quand on y réfléchit ? Un imbécile de prof, rien de plus.
— Ayez le même courage que ma mère, professeur…
Slughorn leva une main potelée et pressa
contre ses lèvres ses doigts tremblants. Pendant un moment, il eut l’air d’un énorme bébé.
— Je ne suis pas fier…, murmura-t-il entre ses doigts. J’ai honte de… de ce que montre ce souvenir. Je crois que j’ai fait beaucoup de dégâts, ce jour-là…
— Vous effaceriez tout en me le confiant, dit Harry. Ce serait un acte très noble, très courageux.
— Vraiment ? s’exclama Hagrid, qui paraissait à la fois surpris et ému. C’est… c’est très gentil de sa part, et aussi de ne pas te dénoncer. Je n’ai jamais eu beaucoup affaire à Horace Slughorn, jusqu’à maintenant… Mais venir dire adieu à Aragog… Alors, là… Ça lui aurait plu, à Aragog, tu peux me croire…
Harry songea que ce qui aurait surtout plu à Aragog, chez Slughorn, c’était la quantité appréciable de chair comestible qu’il aurait pu lui fournir.
— Comment avez-vous réussi à sortir du château ?
— Je crois que Rusard a oublié de verrouiller la porte, répondit Harry d’un ton enjoué.
Il fut ravi de voir Slughorn se renfrogner.
— Je vais le signaler. Si vous voulez mon avis, ce personnage s’occupe beaucoup plus de ce que les élèves jettent par terre que de leur sécurité.
Au bout d’une heure environ, Hagrid et Slughorn commencèrent à porter des toasts extravagants : à Poudlard, à Dumbledore, au vin des elfes et à…
— Harry Potter ! beugla Hagrid.
Il fit couler du vin sur son menton en vidant sa quatorzième chope de la taille d’un seau.
— Oui, c’est ça, s’écria Slughorn d’une voix un peu pâteuse. Parry Otter, l’Elu, le Survi… heu… quelque chose dans ce genre-là, marmonna-t-il, et il vida sa chope à son tour.