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Harry Potter Il relut la lettre mais ne put rien y découvrir de plus que la première fois et en fut réduit à examiner l’écriture elle-même. Elle formait ses g comme les siens. Il regarda chacun d’eux, et chacun lui apparut
comme un petit signe amical aperçu derrière un voile. Ces lignes constituaient un trésor inestimable, la preuve que Lily Potter avait été une personne vivante, vraiment vivante, que sa main tiède avait un jour
parcouru ce parchemin, traçant à l’encre ces lettres, ces mots, des mots qui parlaient de lui, Harry, son fils.
Nouveau silence. Harry ne demanda pas si Dumbledore avait jamais découvert qui avait foudroyé Ariana. Il ne voulait pas le savoir, il voulait encore moins obliger Dumbledore à le lui dire. Au moins savait-il maintenant ce que Dumbledore voyait quand il regardait le Miroir du Riséd et pourquoi il avait si bien compris la fascination que ce miroir exerçait sur Harry.
— Dobby, non, ne meurs pas, ne meurs pas…
Les yeux de l’elfe se posèrent sur lui et ses lèvres tremblèrent sous l’effort qu’il dut faire pour
prononcer ses derniers mots :
— Harry… Potter…
Alors, avec un petit frémissement, l’elfe s’immobilisa, et ses yeux ne furent plus que deux grandes
sphères vitreuses dans lesquelles scintillait la lueur des étoiles qu’ils ne pouvaient plus voir.
— Le professeur Ombrage s’est attiré les foudres de notre troupeau de centaures, expliqua Dumbledore. Je crois que toi, tu n’aurais pas commis l’imprudence d’aller dans la Forêt interdite et de traiter de « répugnants hybrides » une horde de centaures furieux.
— Elle a fait ça ? s’étonna Slughorn. Quelle idiote. Je ne l’ai jamais beaucoup aimée.
Entendant Harry pouffer de rire, Dumbledore et Slughorn se tournèrent tous deux vers lui.
— Désolé, dit Harry. Simplement… moi non plus, je ne l’aimais pas beaucoup.
— Tu n’es pas majeure ! criait Mrs Weasley à sa fille quand Harry s’approcha. Je ne le permettrai pas ! Les garçons, oui, mais toi, tu dois rentrer à la maison !
— Certainement pas !
Ses cheveux voletant autour d’elle, Ginny arracha son bras des mains de sa mère.
— Je suis dans l’armée de Dumbledore…
— Un gang d’adolescents !
— Un gang d’adolescents qui va se battre contre lui, ce que personne d’autre n’a osé faire ! répliqua Fred.
— Elle a seize ans ! hurla Mrs Weasley. Elle est trop jeune ! Qu’est-ce qui vous a pris de l’emmener avec vous… ?
— Il se passera encore beaucoup de choses avant que Harry ait fini ce tournoi, dit-elle [Hermione] d'un ton grave. Si c'était ça, la première tâche, je préfère ne pas penser à ce qui viendra après.
— Toi, au moins, tu sais t'y prendre pour remonter le moral des autres ! dit Ron. Un de ces jours, tu devrais faire équipe avec le professeur Trelawney.
Lorsqu’ils quittèrent la table de Gryffondor, cinq minutes plus tard, pour se rendre sur le terrain de Quidditch, ils passèrent devant Lavande Brown et Parvati Patil. Se rappelant ce qu’Hermione avait dit des soeurs Patil dont les parents voulaient les enlever de Poudlard, Harry ne fut pas surpris de voir les deux amies chuchoter d’un air affligé. Il fut plus étonné en revanche quand Parvati, au moment où ils arrivaient à leur hauteur, donna soudain un coup de coude à Lavande qui se retourna et adressa un large sourire à Ron. Celui-ci la regarda, cligna des yeux puis sourit à son tour, l’air incertain, sa démarche se transformant instantanément en un pas de parade. Harry résista à la tentation d’éclater de rire, se souvenant que Ron s’était également abstenu de rire après que Malefoy lui eut cassé le nez. Hermione, pour sa part, parut froide et distante sur le chemin du stade. Elle marcha en silence sous une petite pluie fraîche et brumeuse et partit chercher une place dans les tribunes sans souhaiter bonne chance à Ron.
— J’ai paniqué, d’accord ? s’écria celui-ci. Depuis le début, je ne voulais pas venir. Sans vouloir
t’offenser, mon bonhomme, je n’ai jamais eu l’intention de mourir pour toi et tout d’un coup, voilà que
j’avais ce maudit Tu-Sais-Qui aux trousses, n’importe qui aurait fichu le camp à ma place, j’avais
toujours dit que je ne voulais pas y aller… [Mondingus]
— Pour votre information, répliqua Hermione, sachez que personne d’autre parmi nous n’a
transplané.
— Eh bien, vous faites une jolie bande de héros mais moi, je n’ai jamais prétendu que j’étais prêt à
me faire tuer…
— La raison pour laquelle vous avez abandonné Fol OEil ne nous intéresse pas, coupa Harry qui
approcha sa baguette un peu plus près des yeux cernés et injectés de sang de Mondingus. Nous savions
déjà que vous étiez une petite canaille indigne de confiance.
— Qui est Kreattur ? demanda-t-il.
— L’elfe de maison qui vit ici, répondit Ron. Un vrai dingue. Jamais vu ça.
Hermione se tourna vers lui en fronçant les sourcils.
— Ce n’est pas un dingue, Ron.
— L’ambition de sa vie, c’est qu’on lui coupe la tête et qu’on la mette sur une plaque comme celle de sa mère, répliqua Ron d’un ton agacé.
— Quant à Albus, n’était-il pas libre,
désormais ? Libre du fardeau que représentait sa soeur, libre de devenir le plus grand sorcier de… [Abelforth Dumbledore]
— Il n’a jamais été libre, l’interrompit Harry.
— Je vous demande pardon ? dit Abelforth.
— Jamais, répéta Harry. Le soir où votre frère est mort, il a bu une potion qui lui a fait perdre la tête.
Il s’est mis à crier, à supplier quelqu’un qui n’était pas là. « Il ne faut pas leur faire de mal, par pitié…
C’est à moi qu’il faut faire du mal. » [...] Il se croyait de retour là-bas, avec vous et Grindelwald, je le sais, poursuivit Harry qui se
rappelait Dumbledore gémissant, suppliant. Il croyait voir Grindelwald en train de vous faire du mal, à
vous et à Ariana… Pour lui, c’était une torture, si vous l’aviez vu à ce moment-là, vous ne diriez pas
qu’il était libre.
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