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Cornelius Fudge — Ne vous inquiétez pas, avait-il répété. Il y a tout à parier que vous ne me reverrez plus. Je ne viendrai vous embêter que s’il se passe quelque chose de vraiment grave de notre côté, quelque chose qui risque d’affecter les Moldus – ou plutôt la population non magique, devrais-je dire. Sinon, que chacun mène sa vie sans s’occuper des autres. Je dois reconnaître que vous prenez cela beaucoup mieux que votre prédécesseur. Lui a essayé de me jeter par la fenêtre, il pensait qu’il s’agissait d’un canular monté par l’opposition.
Cornelius Fudge au Premier Ministre Moldu
Personnages concernés : Cornelius Fudge, Premier Ministre
— Vous allez maintenant être escorté jusqu’au ministère où une inculpation officielle vous sera notifiée, puis vous serez envoyé à Azkaban en attendant le procès !
— Ah oui, bien sûr, dit Dumbledore avec douceur, je pensais bien que nous allions en arriver à cette petite difficulté.[...] Voilà… Il semble que vous entreteniez l’illusion selon laquelle je serais disposé à obéir… Quelle est la formule, déjà ? Ah, oui… sans opposer de résistance. Or je crois bien que je vais en opposer une, justement. Car, voyez-vous, Cornélius, je n’ai aucune intention de me laisser envoyer à Azkaban. Oh, bien sûr, je pourrais m’en évader, mais quelle perte de temps et, très franchement, il y a tant de choses plus utiles que j’aimerais mieux faire à la place.
— Vous... vous ne parlez pas sérieusement ! balbutia Fudge en reculant encore d'un pas. Si la communauté des sorciers apprenait que j'ai approché les géants... Tout le monde les déteste, Dumbledore... Ce serait la fin de ma carrière...
— Vous êtes aveuglé par l'amour de votre fonction, Cornelius ! lança Dumbledore, le regard flamboyant.
— Vous-Savez-Qui... est revenu ? balbutia-t-il, les yeux écarquillés. Ridicule. Allons, Dumbledore, reprenez-vous...
A l'arrivée de Cornélius Fudge, le ministre de la Magie, Percy s'inclina si bas que ses lunettes tombèrent et se cassèrent. Horriblement gêné, il les répara d'un coup de baguette magique et resta ensuite assis sur sa chaise, jetant des regards jaloux à Harry que Cornélius Fudge avait salué comme un vieil ami.
— Oh, oh, dit Fudge en recommençant à se balancer sur ses orteils. Allons-y, écoutons la dernière histoire à dormir debout destinée à tirer Potter de ce mauvais pas ! Allez-y, Dumbledore, allez-y. Willy Larebrouss a menti, c’est ça ? Ou bien était-ce un sosie de Potter qui se trouvait à La Tête de Sanglier ce jour-là ? Ou bien s’agit-il de l’explication habituelle avec une inversion de temps, un mort qui revient à la vie et deux Détraqueurs invisibles ?
— Ah, Potter... Que voulez-vous, Rogue, nous avons tous un faible pour lui.
— Voyons, pour l’amour du ciel… vous êtes des sorciers ! Vous pratiquez la magie ! Vous êtes sûrement capables d’arranger… tout ce qui se passe !
Scrimgeour tourna lentement sur lui-même et échangea un regard incrédule avec Fudge qui parvint cette fois à sourire en répondant d’un ton aimable :
— L’ennui, monsieur le Premier Ministre, c’est que l’autre camp aussi pratique la magie.
À sa grande surprise, le Premier Ministre éprouva pour Fudge un élan fugitif de compassion qui fit place presque aussitôt à un sentiment de supériorité : peut-être n’était-il pas très doué pour surgir des cheminées mais au moins, il n’y avait jamais eu de meurtre dans aucun ministère sous son gouvernement… pas encore en tout cas…
— Ah, dit le ministre, pris complètement au dépourvu. Dumbledore. Oui. Vous avez… heu… été prévenu… heu… que l’heure et… heu… le lieu de l’audience étaient modifiés ?
— J’ai dû rater le message, répondit-il d’un ton joyeux. Mais, à la suite d’une heureuse erreur, je suis arrivé au ministère avec trois heures d’avance. Ce n’est donc pas grave.