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Cedric Diggory LUDO VERPEY
Mais non, qu’est-ce que… Cedric Diggory sort de l’eau et il semble même qu’il sorte de la compétition. Oh, là, là, mesdames et messieurs, nous n’avons pas encore de gagnant, mais nous avons à coup sûr un perdant. Cedric Diggory se transforme en ballon de baudruche, un ballon qui cherche à s’envoler. À s’envoler, mesdames et messieurs. S’envoler loin de sa tâche et loin du tournoi. Oh, ça devient de plus en plus fou, il y a maintenant autour de Cedric des feux d’artifice qui explosent en déclarant : « Ron aime Hermione » ! Et la foule semble beaucoup s’amuser – mesdames et messieurs, regardez l’expression de Cedric Diggory. Voilà quelque chose qui mérite d’être vu, quel spectacle, quelle vision, c’est une sorte de tragédie. Une véritable humiliation, je ne trouve pas d’autre mot pour qualifier ce qui se passe sous nos yeux !
— Vous ne savez pas ce que c’est ! Ni l’un ni l’autre vous n’avez eu à l’affronter ! Vous pensez qu’il suffit de se souvenir de quelques sortilèges et de les lui jeter à la figure, comme si on était en classe ? Pendant tout le temps où vous êtes face à lui, vous savez qu’entre vous et la mort, il n’y a plus rien d’autre que votre… votre cerveau, vos tripes, ou je ne sais quoi. Comme si on pouvait réfléchir normalement quand on sait que dans une fraction de seconde, on va se faire tuer, torturer ou voir ses amis mourir… ils ne nous ont jamais appris ça en classe, ce que c’est que d’affronter ce genre de choses… Et vous deux, vous êtes là à faire comme si j’étais un brave garçon bien intelligent sous prétexte que je suis vivant, comme si Diggory, lui, n’était qu’un idiot qui a raté son coup… Vous n’y comprenez rien, j’aurais très bien pu mourir à sa place, c’est ce qui se serait passé si Voldemort n’avait pas eu besoin de moi…
AMOS
C’était vous que Voldemort voulait ! Pas mon fils ! Vous me l’avez dit vous-même, vous m’avez répété les paroles qu’il a prononcées : « Tue l’autre. » L’autre. Mon fils, mon merveilleux fils, c’était l’autre, un figurant.
CEDRIC
Et maintenant, je peux continuer ? Aller jusqu’au bout du labyrinthe ?
Les deux garçons regardent CEDRIC avec une grande tristesse.
ALBUS
J’ai bien peur que tu doives aller jusqu’au bout.
CEDRIC
Alors, j’y vais.
CEDRIC s’éloigne d’un pas confiant. ALBUS le regarde partir – cherchant désespérément quelque chose à dire, ne sachant pas très bien quoi.
ALBUS
Cedric…
CEDRIC se retourne vers lui.
Ton père t’aime beaucoup.
CEDRIC
Quoi ?
ALBUS
Je me suis dit qu’il fallait que tu le saches.
CEDRIC
D’accord. Heu… merci.
HARRY
Je sais que vous vous êtes servi de mon fils.
AMOS
Je me suis servi de votre fils ? Non. C’est vous, monsieur, vous qui vous êtes servi de mon fils magnifique.
LE PROFESSEUR MCGONAGALL (à ALBUS et
SCORPIUS)
Votre intention de sauver Cedric était honorable, sinon avisée. Et il semble que vous ayez fait preuve de bravoure, Scorpius, vous aussi, Albus, mais la leçon que votre père lui-même a souvent négligé de retenir, c’est que la bravoure n’excuse pas la bêtise. Il faut toujours réfléchir. Réfléchir à ce qui est possible. Un monde dominé par Voldemort est…
SCORPIUS
Un monde atroce.
LE PROFESSEUR McGONAGALL
Vous êtes si jeunes. (Elle regarde successivement HARRY, DRAGO, GINNY et HERMIONE.) Vous êtes tous si jeunes. Vous n’avez aucune idée de la noirceur des guerres entre sorciers. Vous vous êtes montrés irresponsables avec un monde qui doit son existence et sa durée au lourd sacrifice consenti par certains d’entre nous – parmi lesquels quelques-uns de mes plus chers amis et des vôtres.
ALBUS
Oui, professeur.
SCORPIUS
Oui, professeur.
ALBUS rejoint son père devant la tombe de CEDRIC. HARRY sourit à son fils et lève les yeux vers le ciel.
HARRY
Je crois que ça va être une belle journée.
Il met la main sur l’épaule de son fils. Et tous deux – juste un peu – partagent la même émotion.
ALBUS (avec un sourire)
Je le crois aussi.
ALBUS
Bon, maintenant qu’on l’a, le prochain objectif, c’est sauver Cedric. Le voyage ne fait que commencer.
SCORPIUS
Ne fait que commencer et on a déjà failli en mourir. Parfait. On va bien s’amuser.
MIMI GEIGNARDE
C’est tellement dommage que le plus beau ait dû mourir. Je ne veux pas dire que ton père n’est pas beau… Mais Cedric Diggory. Vous seriez étonnés de savoir combien de filles j’ai entendu prononcer des formules d’amour ici même, dans ces toilettes… Et les larmes quand il a été emporté !
— Cesse de faire le chevalier noble et généreux. Prends ce trophée, qu'on puisse enfin sortir d'ici.