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Harry Potter et les Reliques de la Mort Agité et irritable, Ron avait contracté une manie agaçante qui consistait à
jouer dans sa poche avec le Déluminateur. Hermione en était particulièrement exaspérée car, pour passer
le temps en attendant le retour de Kreattur, elle étudiait Les Contes de Beedle le Barde et n’appréciait
guère que les lumières ne cessent de s’éteindre et de se rallumer.
— Tu vas arrêter ça, oui s’écria-t-elle.
C’était la troisième soirée d’absence de Kreattur et les lumières venaient à nouveau de s’éteindre
dans le salon.
— Désolé, désolé ! répondit Ron en actionnant le Déluminateur pour rallumer les lampes. Je le fais
sans y penser.
— Tu ne pourrais pas trouver quelque chose de plus utile pour t’occuper ?
— Quoi, par exemple ? Lire des contes pour les mômes ?
— Dumbledore m’a légué ce livre, Ron…
— Et moi, il m’a légué le Déluminateur. C’était peut-être pour que je m’en serve !
— Ron a été extraordinaire, déclara Tonks avec chaleur.
Elle relâcha Lupin.
— Absolument merveilleux. Il a stupéfixé l’un des Mangemorts en l’atteignant en pleine tête et quand on vise une cible mouvante depuis un balai volant…
— C’est vrai ? dit Hermione.
Elle regarda Ron dans les yeux, les bras autour de son cou.
— Ça te surprend toujours, on dirait, répliqua-t-il d’un ton un peu grognon.
Il se libéra de son étreinte.
— Vous parlez des baguettes comme si elles avaient des sentiments, remarqua Harry, comme si elles pouvaient penser par elles-mêmes.
Autour de lui, tout n’était plus que douleur et pénombre. Il était à moitié enseveli sous les décombres du couloir qui avait subi une terrible attaque : un courant d’air froid lui indiqua que le flanc du château était éventré et la sensation de tiédeur poisseuse sur sa joue signifiait qu’il saignait abondamment. Il entendit alors un cri déchirant qui lui remua les entrailles, un cri qui exprimait une souffrance que ni le feu ni aucun maléfice ne pouvait provoquer. Il se leva, chancelant, plus terrifié qu’il
ne l’avait été depuis le début de cette journée, plus terrifié peut-être qu’il ne l’avait jamais été dans sa vie…
Hermione se débattait parmi les gravats pour se remettre debout. Sur le sol, trois jeunes hommes aux cheveux roux étaient serrés les uns contre les autres, à l’endroit où l’explosion avait défoncé le mur. Harry saisit la main d’Hermione tandis qu’ils titubaient et trébuchaient sur les pierres et les débris de bois.
— Non… non… non ! hurla quelqu’un. Non ! Fred ! Non !
Percy secouait son frère, Ron agenouillé à côté d’eux, mais les yeux de Fred regardaient sans voir, le fantôme de son dernier rire toujours gravé sur son visage.
— Tu le comprends vraiment bien. [Ron à propos de Voldemort]
— En partie, répondit Harry. Par bribes… J’aimerais avoir compris autant de choses sur Dumbledore. Mais on verra bien.
— C’est un garçon ! Nous l’avons appelé Ted, comme le père de Dora !
Hermione poussa un cri perçant.
— Que… Tonks ? Tonks a eu son bébé ?
— Oui, oui, elle a eu son bébé ! hurla Lupin.
Des exclamations de joie et des soupirs de soulagement s’élevèrent tout autour de la table.
Hermione et Fleur lancèrent d’une petite voix aiguë : « Félicitations ! » et Ron ajouta : « Nom d’une
gargouille, un bébé ! » comme s’il n’avait jamais entendu parler d’une chose pareille.
— Oui… Oui… un garçon, répéta Lupin qui semblait ébloui par son propre bonheur.
Hermione sortit de son lit et s’avança comme une somnambule en direction de Ron, le regard fixé sur son visage blafard. Elle s’arrêta juste devant lui, les lèvres légèrement entrouvertes, les yeux écarquillés. Ron lui adressa un pâle sourire plein d’espoir et leva à demi les bras.
Mais Hermione se précipita soudain sur lui et martela à coups de poing chaque centimètre carré de son corps, partout où elle pouvait l’atteindre.
— Aïe… Ouille… Arrête ! Qu’est-ce que… Hermione… Ouille !
— Ronald… Weasley… Espèce de… parfait… crétin ! Elle ponctua chaque mot d’un nouveau coup. Ron battit en retraite, se protégeant le visage, alors qu’Hermione continuait d’avancer sur lui.
— Tu… reviens… ici… en douce… après… des semaines… et… des semaines…
— ...À contrecoeur, la
Mort lui tendit alors sa propre Cape d’Invisibilité. [Hermione lisant le conte des Trois Frères]
— La Mort a une cape d’invisibilité ? l’interrompit Harry.
— Pour s’approcher des gens sans être vue, expliqua Ron. Parfois, elle en a assez de se précipiter
sur ses victimes en agitant les bras et en poussant des cris…
— Bonjour, Reg ! lança un autre sorcier, vêtu lui aussi d’une robe bleu marine.
Il entra dans une cabine en insérant un jeton doré dans une fente de la porte.
— C’est vraiment la galère, ce truc, tu ne trouves pas ? Nous obliger à passer par là pour aller
travailler ! Qu’est-ce qu’ils s’imaginent ? Que Harry Potter va débarquer ici ?
Le sorcier éclata d’un grand rire, amusé par sa propre plaisanterie. Ron se força à glousser.
— Ouais, dit-il, vraiment idiot, hein ?
— Dix personnes aujourd’hui et l’une d’elles est la femme d’un de nos employés ! Vous vous rendez compte… même ici, en plein coeur du ministère !
Ombrage à propos des nés-moldus convoqués au Ministère
Personnages concernés : Dolores Ombrage, Mary Cattermole
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