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Harry Potter — Professeur, Voldemort arrive. [Harry]
— Ah, tiens, on a le droit de prononcer son nom, maintenant ? demanda Luna avec un certain intérêt en ôtant la cape d’invisibilité.
— Tu étais le septième Horcruxe, Harry, l’Horcruxe qu’il n’avait pas eu l’intention de créer. Il avait rendu son âme si instable qu’elle s’est brisée quand il a commis ces actes d’une malfaisance indescriptible, le meurtre de tes parents, la tentative d’assassinat sur un enfant. Mais ce qui restait de lui lorsqu’il s’est échappé de cette pièce ce soir-là était encore plus diminué qu’il ne le croyait. Il a laissé derrière lui plus que son corps. Il a aussi laissé une partie de lui-même accrochée à toi, la victime désignée qui avait survécu.
— Évidemment qu'on a envie de vous voir ! dit Harry en regardant Hagrid. Vous ne pensez quand même pas que ce qu'a écrit cette grosse truie de Skeeter... Excusez-moi, professeur, ajouta-t-il précipitamment en se tournant vers Dumbledore.
— J'ai eu un soudain accès de surdité et je n'ai aucune idée de ce que tu viens de dire, Harry, répondit Dumbledore en se tournant les pouces, les yeux levés vers le plafond.
— Il est cruel, reprit Dumbledore d’une voix douce, que Sirius et toi ayez passé si peu de temps ensemble. Une fin brutale à des liens qui auraient pu durer longtemps et vous apporter de grandes joies.
— Quand nous étions sur le Chemin de Traverse…, commença Harry, mais Mr Weasley l’interrompit avec une grimace.
— Vais-je enfin apprendre où vous avez disparu, Ron, Hermione et toi, pendant que vous étiez censés vous trouver dans l’arrière-boutique ?
— Comment avez-vous…
— Harry, s’il te plaît, tu parles à l’homme qui a élevé Fred et George.
— Severus…
Rien, au cours de cette soirée, n’aurait pu autant terrifier Harry : pour la première fois, Dumbledore avait un ton suppliant.
Rogue resta silencieux. Il s’avança et repoussa brutalement Malefoy. Les Mangemorts reculèrent sans un mot. Même le loup-garou paraissait intimidé. Rogue observa Dumbledore un moment, et l’on voyait la répugnance, la haine creuser les traits rudes de son visage.
— Severus… S’il vous plaît…
Rogue leva sa baguette et la pointa droit sur Dumbledore.
— Avada Kedavra !
Un jet de lumière verte jaillit de la baguette de Rogue et frappa Dumbledore en pleine poitrine. Le cri d’horreur que Harry aurait voulu pousser ne parvint pas à sortir de sa gorge. Silencieux et immobile, il ne put que regarder Dumbledore qui fut projeté dans les airs comme par une explosion. Pendant une fraction de seconde, il sembla suspendu sous la tête de mort étincelante puis retomba lentement en arrière, par-dessus les remparts, telle une grosse poupée de chiffon, avant de disparaître dans le vide.
— Et vous feriez un très grand Auror ! s’écria Slughorn de sa voix tonnante.
— Moi, je ne crois pas que tu devrais être Auror, dit Luna inopinément.
Ils se tournèrent tous vers elle.
— Les Aurors font partie de la conspiration de Rancecroc, je croyais que tout le monde le savait. Ils travaillent de l’intérieur pour abattre le ministère en combinant la magie noire et une maladie des gencives.
Harry éclata de rire en inspirant par le nez la moitié de son hydromel. Rien que pour cela, il valait la peine d’avoir invité Luna.
— Harry Potter est mort ! Comprenez-vous maintenant, vous qui vous êtes bercés d’illusions ? Il
n’était rien, n’a jamais rien été, qu’un jeune garçon qui voulait voir les autres se sacrifier pour lui ! [...] Il a été tué en tentant de s’enfuir subrepticement dans le parc du château, reprit Voldemort – on
sentait dans sa voix qu’il se délectait de son mensonge –, il a été tué en essayant de sauver sa propre vie.
— Tu te sens bien ? s’inquiéta Hermione, suffisamment proche à présent pour voir le visage de Harry. Tu as une mine épouvantable !
— En tout cas, répondit Harry d’une voix tremblante, j’ai sûrement meilleure mine qu’Ollivander…
Lorsqu’il leur eut raconté ce qu’il venait de voir, Ron sembla consterné. Hermione, elle, était absolument terrifiée.
— Pourtant, en principe, c’était fini ! Ta cicatrice… Elle ne devait plus te faire mal ! Tu ne dois pas laisser ce contact se rétablir… Dumbledore voulait que tu fermes ton esprit !
Voyant qu’il ne répondait pas, elle lui saisit le bras.
— Harry, il est en train de s’emparer du ministère, des journaux et de la moitié du monde des sorciers ! Ne le laisse pas entrer dans ta tête, en plus !
— Je suis convaincu qu’il s’agit d’une ruse pour nous prendre la maison.
— La maison ? s’étonna Harry. Quelle maison ?
— Cette maison ! hurla l’oncle Vernon d’une voix aiguë, la veine de son front se mettant soudain à palpiter. Notre maison ! Les prix de l’immobilier montent en flèche dans le quartier ! Tu veux te débarrasser de nous, ensuite tu feras abracadabra et avant qu’on ait compris ce qui se passait, le titre de propriété sera à ton nom et…
— Tu es fou ou quoi ? s’exclama Harry. Une ruse pour prendre cette maison ? Tu es donc aussi bête que tu en as l’air ?
— Comment oses-tu… ? couina la tante Pétunia, mais une fois de plus, Vernon l’interrompit d’un geste de la main : les insultes sur son apparence lui semblaient peu de chose comparées au danger qu’il avait découvert.
— Au cas où tu l’aurais oublié, répliqua Harry, j’ai déjà une maison que mon parrain m’a léguée. Alors, pourquoi voudrais-je celle-ci ? À cause des bons souvenirs ?
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