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Harry Potter et le Prince de Sang-Mêlé Ses espoirs, cependant, étaient minces et ils s’amenuisèrent un peu plus après le cours de métamorphose qu’il dut subir le lendemain en leur compagnie. Ils venaient d’aborder le sujet extraordinairement complexe de la métamorphose humaine : travaillant face à des miroirs, ils étaient censés modifier la couleur de leurs sourcils. Hermione éclata d’un rire peu charitable en voyant la première tentative désastreuse de Ron qui s’arrangea pour se faire pousser une spectaculaire moustache en guidon de vélo. Ron répliqua par une imitation cruelle mais fidèle d’Hermione sautant sur sa chaise chaque fois que le professeur McGonagall posait une question. Lavande et Parvati s’amusèrent beaucoup mais Hermione était au bord des larmes. Dès que la cloche eut retenti, elle se rua hors de la salle en laissant derrière elle la moitié de ses affaires.
— À en juger par votre expression de franche incrédulité, Harry ne vous a pas averti de mon arrivée, dit aimablement Dumbledore. Mais faisons comme si vous m’aviez chaleureusement invité à entrer chez vous. Il n’est guère prudent de s’attarder longtemps sur le seuil d’une maison en ces temps troublés.
— Je suis sûre que Dumbledore aurait voulu que l’école reste ouverte, dit le professeur Chourave. Je pense que, même s’il n’y avait qu’un seul élève qui veuille suivre ses études ici, l’école devrait rester ouverte pour lui.
— Je suis considéré comme une sorte d’autorité quand il s’agit de Harry Potter. Il est de notoriété publique que nous entretenons des relations amicales. Mais j’ai assuré la communauté des esprits que je ne vous importunerai pas avec des questions. « Harry Potter sait qu’il peut se confier à moi en toute tranquillité, leur ai-je dit, j’aimerais mieux mourir que de trahir sa confiance. » [Nick Quasi-Sans-Tête]
— Ça ne vous engage pas beaucoup puisque vous êtes déjà mort, fit remarquer Ron.
— Une fois de plus, vous manifestez à mon égard autant de sensibilité qu’une hache émoussée, dit Nick Quasi-Sans-Tête d’un air offensé.
Il avait vu Hagrid offrir un ours en peluche à un redoutable bébé dragon, susurrer des chansons à d’énormes scorpions dotés de dards et de ventouses, essayer de raisonner le géant féroce qu’était son demi-frère, mais parmi toutes ses passions pour les monstres, la plus incompréhensible était sans doute celle-ci : Aragog, la gigantesque araignée parlante, qui vivait au coeur de la Forêt interdite et à laquelle Ron et lui avaient échappé de justesse quatre ans auparavant.
— Est-ce que… est-ce qu’on peut faire quelque chose ? demanda Hermione sans prêter attention aux grimaces et aux hochements de tête frénétiques de Ron.
— Je ne crois pas, Hermione, sanglota Hagrid en essayant de contenir le flot de ses larmes. Tu sais, le reste de la tribu… la famille d’Aragog… ils deviennent un peu bizarres maintenant qu’il est malade… un peu agités…
— Oui, je crois qu’on avait déjà remarqué cet aspect de leur personnalité, dit Ron à mi-voix.
— Je pense qu’il ne serait pas prudent pour quelqu’un d’autre que moi de s’approcher d’eux en ce moment, conclut Hagrid.
Elle se retourna pour regarder une grande horloge posée de travers sur une pile de draps dans le panier de linge sale, au bout de la table. Harry la reconnut aussitôt : elle avait neuf aiguilles qui portaient chacune le nom d’un des membres de la famille ; en général, elle était accrochée au mur du salon mais à en juger par la place qu’elle occupait à présent, Mrs Weasley avait dû prendre l’habitude de l’emporter avec elle partout dans la maison. En cet instant, chacune de ses neuf aiguilles pointait sur « En danger de mort ».
— Monsieur, ça va ?
— Il m’est arrivé de me sentir mieux, répondit Dumbledore d’une voix faible, mais il trouva encore la force de contracter les coins de ses lèvres en un sourire. Cette potion… n’était pas une boisson recommandée pour la santé…
A propos de la boisson de la caverne
Personnages concernés : Harry Potter, Albus Dumbledore
Ron paraissait ravi d’avoir mis fin à sa liaison avec Lavande. Hermione aussi avait l’air joyeux, mais quand on lui demandait ce qui la faisait sourire ainsi, elle se contentait de répondre : « C’est une belle journée. » Ni l’un ni l’autre ne semblait avoir remarqué qu’un féroce combat s’était engagé dans l’esprit de Harry :
C’est la soeur de Ron.
Mais elle a laissé tomber Dean !
Elle reste la soeur de Ron.
Je suis son meilleur ami !
Ce serait encore pire.
Si je lui parle d’abord.
Il te casserait la figure.
Et si je m’en fiche ?
C’est ton meilleur ami !
Harry reconnut ensuite Rita Skeeter et fut indigné de voir qu’elle serrait un bloc-notes dans sa main aux ongles rouges, pointus comme des serres. Puis, avec un sursaut de colère encore plus vif, il aperçut Dolores Ombrage, une expression de chagrin très peu convaincante sur son visage de crapaud, un noeud de velours noir sur ses cheveux aux boucles gris fer. À la vue du centaure Firenze qui se tenait comme une sentinelle au bord de l’eau, elle eut un haut-le-corps et se hâta d’aller s’asseoir à bonne distance.
Lorsqu’ils s’assirent à table pour le déjeuner, ils portaient tous de nouveaux pulls, à l’exception de Fleur (pour qui, semblait-il, Mrs Weasley n’avait pas voulu gaspiller sa laine)
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