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Harry Potter et les Reliques de la Mort Monsieur Delacour était loin d’avoir le charme de son épouse. Il avait une tête de moins qu’elle, une silhouette très enveloppée et une barbichette noire et pointue, mais il semblait d’une bonne nature. Chaussé de bottes à talons hauts, il s’avança d’un pas bondissant vers Mrs Weasley et l’embrassa deux fois sur chaque joue, la laissant dans un état de grande confusion.
— Il ne fallait pas vous donner tant de mal, déclara-t-il d’une voix grave. Fleur nous a expliqué que vous avez eu un gros travail. Beaucoup de « ardoueurk », comme on dit chez vous.
Des mains, des mains plus douces qu’il ne s’y attendait, touchèrent le visage de Harry, relevèrent une paupière, se glissèrent sous sa chemise, le long de sa poitrine, cherchant son coeur. Il entendait le souffle court d’une femme, ses longs cheveux lui chatouillaient la joue. Il savait qu’elle pouvait sentir la pulsation de la vie battre régulièrement contre ses côtes.
— Est-ce que Drago est vivant ? Est-ce qu’il est au château ?
Le murmure était à peine audible. Ses lèvres étaient à deux centimètres de l’oreille de Harry. Elle avait penché la tête si bas que ses longs cheveux masquaient son visage à ceux qui la regardaient.
— Oui, répondit-il dans un souffle.
Il sentit la main se contracter contre sa poitrine. Ses ongles s’enfonçaient dans sa peau. Puis la main se retira. La femme s’était redressée.
— Il est mort ! s’exclama Narcissa Malefoy en s’adressant aux autres.
Hermione fit jaillir de l’extrémité de sa baguette des serpentins dorés et violets qui vinrent s’enrouler comme une véritable oeuvre d’art autour des arbres et des buissons.
— Très beau, dit Ron tandis que, d’un dernier mouvement de sa baguette, Hermione colorait d’or les feuilles du pommier sauvage. Tu as vraiment l’oeil pour ces choses-là.
— Merci, Ron ! répondit Hermione, à la fois ravie et un peu perplexe.
Harry se détourna, se souriant à lui-même. Il avait l’étrange impression que, lorsqu’il aurait le temps de le lire, il trouverait un chapitre sur les compliments dans Douze moyens infaillibles de séduire les sorcières.
Malheureusement, la brillante intelligence que Bathilda a manifestée au cours de sa vie se trouve à présent quelque peu diminuée. « Le feu est allumé, mais le chaudron est vide », comme me l’a confié Ivor Dilhnsby ou, dans les termes plus terre à terre d’Enid Smeek : « Elle n’a pas plus de tête qu’une crotte d’écureuil. »
— Très bien, dit Hermione, déconcertée. Admettons que la cape existe… Mais la pierre, Mr Lovegood ? Ce que vous appelez la Pierre de Résurrection ?
— Et alors ?
— Eh bien, comment pourrait-elle exister ?
— Prouvez-moi plutôt qu’elle n’existe pas, rétorqua Xenophilius.
Hermione parut scandalisée.
— Enfin, voyons… je suis désolée, mais c’est complètement ridicule ! Comment voulez-vous que je puisse prouver qu’elle n’existe pas ? Vous voudriez peut-être que… que je ramasse toutes les pierres du monde et que je les soumette à des tests ? Si on va par là, on peut affirmer que toute chose existe s’il suffit pour y croire que personne n’ait jamais réussi à démontrer qu’elle n’existait pas !
— Oui, on peut, assura Xenophilius. Je suis content de voir que votre esprit commence à s’ouvrir.
— Bonjour, Reg ! lança un autre sorcier, vêtu lui aussi d’une robe bleu marine.
Il entra dans une cabine en insérant un jeton doré dans une fente de la porte.
— C’est vraiment la galère, ce truc, tu ne trouves pas ? Nous obliger à passer par là pour aller
travailler ! Qu’est-ce qu’ils s’imaginent ? Que Harry Potter va débarquer ici ?
Le sorcier éclata d’un grand rire, amusé par sa propre plaisanterie. Ron se força à glousser.
— Ouais, dit-il, vraiment idiot, hein ?
— J’ai été un imbécile ! rugit Percy, d’une voix si forte que Lupin faillit en lâcher la photo. Je me suis conduit comme un idiot, comme une andouille prétentieuse, j’ai été un… un…
— Un crétin adorateur de ministère, assoiffé de pouvoir et déloyal envers sa famille, acheva Fred.
Percy déglutit.
— Oui, c’est ce que j’ai été !
— Tu ne saurais mieux dire, répliqua Fred en tendant la main à Percy.
Mrs Weasley fondit en larmes. Elle bondit en avant, repoussa Fred et serra Percy contre elle à l’en étouffer. Il lui tapota le dos, les yeux fixés sur son père.
— Je suis désolé, papa, dit Percy.
Mr Weasley battit précipitamment des paupières puis vint à son tour serrer son fils dans ses bras.
— Severus Rogue, depuis longtemps maître des potions à l’école de sorcellerie de Poudlard, a été promu aujourd’hui au rang de directeur. Cette nomination constitue le changement le plus important parmi ceux intervenus dans la réorganisation du personnel de l’antique établissement. À la suite de la démission de l’ancien professeur d’étude des Moldus, ce poste sera désormais confié à Alecto Carrow, tandis qu’Amycus, le frère de cette dernière, sera chargé de la défense contre les forces du Mal.
« Je me réjouis que l’occasion me soit donnée de maintenir et de perpétuer les plus hautes valeurs et traditions de la sorcellerie…» Comme de commettre des meurtres ou de couper les oreilles des gens,
par exemple ! Rogue, directeur ! Rogue dans le bureau de Dumbledore – par le caleçon de Merlin ! s’exclama soudain Hermione d’une voix perçante qui fit sursauter Harry et Ron.
Elle bondit de sa chaise et se rua hors de la cuisine en criant :
— Je reviens dans une minute !
— Le caleçon de Merlin ? répéta Ron, l’air amusé. Elle doit être dans tous ses états.
Sa cicatrice continuait de le brûler mais il maîtrisait la douleur. Bien qu’il la ressentît, elle était comme séparée de lui. Il parvenait enfin à se contrôler, à fermer son esprit à Voldemort, ce que Dumbledore voulait précisément qu’il apprenne de Rogue. De même que Voldemort n’avait pas réussi à
posséder Harry pendant qu’il se consumait de chagrin pour Sirius, de même ses pensées ne pouvaient pénétrer son esprit en cet instant où il pleurait Dobby. La peine qu’il éprouvait semblait chasser Voldemort de sa tête… Mais Dumbledore aurait dit, bien sûr, que c’était plutôt l’amour…
— Quand je me marierai, dit Fred en tirant sur le col de sa propre robe, je ne m’encombrerai pas de toutes ces idioties. Vous pourrez vous habiller comme vous voudrez et je ferai subir à maman le maléfice du Saucisson jusqu’à ce que tout soit terminé.
— Finalement, elle n’a pas été trop terrible, ce matin, dit George. Elle a un peu pleuré parce que Percy ne sera pas là, mais qui a envie de le voir ?
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