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Albus Dumbledore 
DUMBLEDORE
Après tout ce temps ?
ROGUE
À jamais.
— Tu le comprends vraiment bien. [Ron à propos de Voldemort]
— En partie, répondit Harry. Par bribes… J’aimerais avoir compris autant de choses sur Dumbledore. Mais on verra bien.
— Ensuite, il faut que je retrouve les autres Horcruxes, répondit Harry, les yeux fixés sur la tombe blanche de Dumbledore qui se reflétait dans l’eau, de l’autre côté du lac. C’était ce qu’il voulait que je fasse, c’est pour cela qu’il m’a tout révélé. Si Dumbledore avait raison – ce qui est le cas, j’en suis sûr –, il y en a encore quatre. Je dois les retrouver et les détruire, après je partirai en quête du septième morceau de l’âme de Voldemort, la partie qui est toujours dans son corps. Et je serai celui qui le tuera. Si en chemin je rencontre Severus Rogue, ajouta-t-il, tant mieux pour moi, tant pis pour lui.
— Pétards surprises ! annonça Dumbledore avec enthousiasme.
Il tendit l'extrémité d'un gros pétard argenté à Rogue qui tira dessus à contrecoeur. Le pétard explosa comme un coup de feu et laissa apparaître un chapeau pointu surmonté d'un vautour empaillé.
Harry se rappela l'épouvantard coiffé d'un chapeau semblable. Il échangea un sourire avec Ron tandis que Rogue, les lèvres plus minces que jamais, poussait le chapeau vers Dumbledore qui s'en coiffa aussitôt.
— Kreattur est un immonde… menteur… il mérite…
— Kreattur est ce que les sorciers en ont fait, Harry, répondit Dumbledore. [...] Sirius ne détestait pas Kreattur, il le considérait simplement comme un serviteur qui ne mérite pas beaucoup d’intérêt. L’indifférence, la négligence, font parfois beaucoup plus de dégâts que l’hostilité déclarée… La fontaine que nous avons détruite cette nuit racontait un mensonge. Nous les sorciers avons maltraité trop longtemps les êtres qui nous sont proches et nous récoltons aujourd’hui ce que nous avons semé.
— Mais si personne parmi vous ne répand la nouvelle du retour de Voldemort…, commença Harry.
— Qui t’a dit que personne ne répandait la nouvelle ? coupa Sirius. Pourquoi donc crois-tu que Dumbledore a tant d’ennuis ?
— Qu’est-ce que tu veux dire ?
— Ils essayent de le discréditer, répondit Lupin. Tu n’as pas lu La Gazette du sorcier la semaine dernière ? Il était annoncé qu’il a été mis en minorité à la Confédération internationale des mages et sorciers dont il a dû quitter la présidence parce qu’il se fait vieux et qu’il ne contrôle plus rien. Mais ce n’est pas vrai du tout. Il a été mis en minorité par des sorciers du ministère après avoir prononcé un discours dans lequel il annonçait le retour de Voldemort. Ils l’ont également limogé de son poste de président-sorcier du Magenmagot - la Haute Cour de justice des mages - et on parle même de lui retirer l’Ordre de Merlin, première classe.
— Mais Dumbledore dit qu’il s’en fiche du moment qu’on ne supprime pas sa carte des Chocogrenouilles, dit Bill avec un sourire.
— Une lettre ? répéta le professeur McGonagall d'une voix éteinte en se rasseyant sur le muret. Dumbledore, vous croyez vraiment qu'il est possible d'expliquer tout cela dans une lettre ? Des gens pareils seront incapables de comprendre ce garçon ! Il va devenir célèbre—une véritable légende vivante—je ne serais pas étonnée que la date d'aujourd'hui devienne dans l'avenir la fête de Harry Potter. On écrira des livres sur lui. Tous les enfants de notre monde connaîtront son nom !
— C'est vrai, dit Dumbledore en la regardant d'un air très sérieux par-dessus ses lunettes en demi-lune. Il y aurait de quoi tourner la tête de n'importe quel enfant. Être célèbre avant même d'avoir appris à marcher et à parler ! Célèbre pour quelque chose dont il ne sera même pas capable de se souvenir ! Ne comprenez-vous pas qu'il vaut beaucoup mieux pour lui qu'il grandisse à l'écart de tout cela jusqu'à ce qu'il soit prêt à l'assumer ?
— Très bien, dit Dumbledore qui poussa la porte de la cabane à balais et sortit dans le jardin. Je vois de la lumière dans la cuisine. Ne privons pas plus longtemps Molly d’une nouvelle occasion de déplorer à quel point tu es maigre.
Agité et irritable, Ron avait contracté une manie agaçante qui consistait à
jouer dans sa poche avec le Déluminateur. Hermione en était particulièrement exaspérée car, pour passer
le temps en attendant le retour de Kreattur, elle étudiait Les Contes de Beedle le Barde et n’appréciait
guère que les lumières ne cessent de s’éteindre et de se rallumer.
— Tu vas arrêter ça, oui s’écria-t-elle.
C’était la troisième soirée d’absence de Kreattur et les lumières venaient à nouveau de s’éteindre
dans le salon.
— Désolé, désolé ! répondit Ron en actionnant le Déluminateur pour rallumer les lampes. Je le fais
sans y penser.
— Tu ne pourrais pas trouver quelque chose de plus utile pour t’occuper ?
— Quoi, par exemple ? Lire des contes pour les mômes ?
— Dumbledore m’a légué ce livre, Ron…
— Et moi, il m’a légué le Déluminateur. C’était peut-être pour que je m’en serve !
HARRY
J’ai besoin de votre aide. De vos conseils. D’après Bane le centaure, Albus est en danger. Comment puis-je protéger mon fils, Dumbledore ?
DUMBLEDORE
Et c’est à moi que tu demandes comment protéger un jeune garçon d’un terrible danger ? On ne peut pas protéger les jeunes de la souffrance. La douleur doit arriver et elle arrivera.
HARRY
Donc, je suis censé rester là à regarder sans rien faire ?
DUMBLEDORE
Non. Tu es censé lui apprendre à affronter
la vie.
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