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Harry Potter et les Reliques de la Mort — En tout cas, joyeux anniversaire.
— Waoo… C’est vrai, j’avais oublié ! J’ai dix-sept ans !
Harry prit sa baguette posée à côté du lit de camp, la pointa sur le bureau encombré où il avait laissé ses lunettes et prononça la formule :
— Accio lunettes !
Bien qu’elles ne fussent qu’à une trentaine de centimètres de distance, il éprouva une immense satisfaction à les voir filer vers lui, tout au moins jusqu’à l’instant où il les reçut en plein dans l’oeil.
— Joli, ricana Ron.
Ravi que la Trace soit enfin supprimée, Harry envoya les objets de Ron voler à travers la pièce, réveillant Coquecigrue qui s’agita frénétiquement dans sa cage. Il tenta aussi de nouer les lacets de ses baskets par la magie (il fallut plusieurs minutes pour dénouer à la main le noeud qui en résulta) et, pour le simple plaisir, colora d’un bleu vif les robes orange que portaient les joueurs des Canons de Chudley sur les affiches de Ron.
— Si j’étais toi, je fermerais ma braguette à la main, conseilla Ron, qui eut un petit rire moqueur en voyant Harry baisser les yeux pour vérifier.
— Avec quoi tu t’es habillé, d’abord ? demanda-t-elle en montrant la chemise de Rogue. Le corsage de ta mère ? [Pétunia]
Il y eut un crac ! Une branche au-dessus de la tête de Pétunia était tombée. Lily poussa un hurlement. La branche avait heurté l’épaule de sa soeur qui recula d’un pas chancelant et fondit en
larmes.
— Je veux que ce soit fait dans les règles.
Ce furent les premières paroles que Harry fut pleinement conscient de prononcer.
— Pas avec de la magie, ajouta-t-il. Tu as une pelle ?
[...]
Il creusait avec une sorte de fureur, se délectant de ce travail manuel, fier de
ce qu’il n’ait rien de magique, car il ressentait chaque goutte de sueur, chaque ampoule de ses mains
comme un cadeau offert à l’elfe qui leur avait sauvé la vie.
Harry Potter à propos de l'enterrement de Dobby
Personnages concernés : Harry Potter, Dobby
— Je suis désolé, dit-il d’une voix sourde. Je suis désolé d’être parti. Je sais que je me suis conduit comme un… un…
Il scruta l’obscurité comme s’il espérait qu’un mot suffisamment fort allait fondre sur lui et
s’imposer d’office.
— On peut dire que tu t’es rattrapé, cette nuit, assura Harry. Aller chercher l’épée, détruire l’Horcruxe, me sauver la vie…
— Tu me fais apparaître plus cool que je ne le suis, marmonna Ron.
— Ce genre de choses paraissent toujours plus cool, comme tu dis, qu’elles ne l’ont vraiment été, répliqua Harry. C’est ce que j’ai essayé de te faire comprendre pendant des années.
Ombrage tendit sa petite main. En cet instant, elle ressemblait tellement à un crapaud que Harry fut surpris de voir que ses doigts courts et boudinés n’étaient pas palmés.
— Laisse l’Horcruxe, dit Harry. Ron enleva la chaîne de son cou en la passant par-dessus sa tête d’un geste brusque et jeta le
médaillon sur un fauteuil proche. Puis il se tourna vers Hermione.
— Qu’est-ce que tu fais ?
— Que veux-tu dire ?
— Tu restes ou quoi ?
— Je…
Elle parut angoissée.
— Oui… oui, je reste. Ron, nous avions dit que nous partirions avec Harry, nous avions dit que nous l’aiderions…
— Compris. C’est lui que tu choisis.
— Ron, non… s’il te plaît… reviens, reviens !
La tante Pétunia fondit en larmes. Hestia Jones la regarda d’un air approbateur qui se transforma en une expression scandalisée lorsqu’elle la vit se précipiter pour étreindre Dudley et non pas Harry.
— C’est si… si gentil, mon Duddy…, sanglota-t-elle, la tête enfouie dans la poitrine massive de son fils. Qu… Quel adorable gar… çon… Di… Dire merci…
— Mais il n’a pas du tout dit merci ! s’indigna Hestia. Il a simplement dit qu’il ne pensait pas que Harry prenait inutilement de la place !
— Oui, mais venant de Dudley, ça équivaut à une déclaration d’amour, expliqua Harry.
Il était partagé entre l’agacement et l’envie de rire tandis que la tante Pétunia continuait de serrer Dudley contre elle comme s’il venait de sauver Harry en l’arrachant d’une maison en flammes.
— Je… Hermione, je suis désolé… Je ne m’étais… [Harry]
— Pas rendu compte que Ron et moi savons parfaitement ce que nous risquons en t’accompagnant ? Eh bien, oui, nous le savons. Ron, montre à Harry ce que tu as fait.
— Non, il vient de manger, répondit Ron.
— Vous n’avez aucune chance, déclara le gobelin d’un ton catégorique. Pas la moindre. « Si tu veux t’emparer, en ce lieu souterrain, d’un trésor convoité qui jamais ne fut tien…»
— « Voleur, tu trouveras, en guise de richesse, le juste châtiment de ta folle hardiesse », acheva Harry. Oui, je sais, je m’en souviens. Mais je ne veux pas essayer de m’emparer d’un trésor, je ne veux
pas prendre quelque chose pour mon bénéfice personnel. Pouvez-vous croire cela ?
Le gobelin lui jeta un regard en biais et la cicatrice en forme d’éclair brûla le front de Harry mais il n’y prêta pas attention, refusant la douleur et ce à quoi elle l’invitait.
— S’il existait un sorcier dont je puisse penser qu’il ne cherche pas un bénéfice personnel, dit enfin Gripsec, ce serait vous, Harry Potter. Les gobelins et les elfes ne sont guère accoutumés à la solidarité ou au respect que vous avez manifestés cette nuit. Pas de la part des porteurs de baguettes.
— Mais je crois que vous connaissez déjà ma petite Luna ? ajouta-t-il à l’adresse de Ron.
— Oui, répondit celui-ci. Elle n’est pas avec vous ?
— Elle s’est attardée dans ce charmant petit jardin pour dire bonjour aux gnomes. Leur invasion est
une bénédiction ! Combien sont rares les sorciers qui se rendent compte de tout ce qu’on peut apprendre grâce à ces petits gnomes pleins de sagesse – ou plutôt, pour leur donner leur vrai nom, ces Gemumbli
jardinsi.
— Les nôtres connaissent d’excellents jurons, dit Ron, mais je crois que ce sont Fred et George qui les leur ont appris.
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